lundi 26 décembre 2011

Retour contraint des résidents dans le réseau AEFE


Il n'y a pas si longtemps, des craintes ont pesé quant à la permanence des "vrais résidents" dans le pays où ils exercent. On parlait aussi de mobilité forcée, ce qui, pour beaucoup d'entre eux apparaissait inconcevable. Des ballons d'essai, assurément. Les mésaventures d'un de nos collègues à Pékin ont permis de dénouer ces craintes dans le bon sens; une excellente nouvelle donc, surtout par les temps qui courent. Ludovic Cevutschi, membre du bureau du Sgen-CFDT de l'étranger nous fait un bref résumé de ce dénouement heureux.
En juin dernier, Philippe Richard, professeur des écoles en poste à Pékin depuis 20 ans, avait obtenu du tribunal administratif de Nantes que l’AEFE revienne sur la décision de la directrice de l'Agence mettant fin à son détachement sur un poste de résident (http://etranger.sgen-cfdt.org/spip/?Flash-info-du-18-fevrier-2011) et il avait pu poursuivre son travail à la rentrée 2011. La revue Actualités juridiques Fonction publique donne dans son dernier numéro une analyse de ce jugement en date du 16 juin dernier.
Il y a plusieurs éléments dans ce jugement. Le fait invoqué par l’Agence de ne pas pérenniser la situation des enseignants résidents, a visiblement fortement déplu au juge.
L’Agence se voit, même si le droit ne l'y contraint pas formellement, tenue de justifier le non-renouvellement du contrat de manière cohérente aux yeux du juge. L’Agence ne peut donc pas refuser le renouvellement d’un contrat sans raison valable, au risque d’être désavouée par le juge si un recours est formé.
En effet le jugement précise : « Considérant que M. Richard vit depuis plus de vingt ans en Chine, où il a ses attaches sentimentales et ses centres d’intérêt, la décision de ne pas renouveler son contrat et de le remettre à la disposition de son administration d’origine doit être regardée, dans les circonstances de l’espèce, comme préjudiciant de manière grave et immédiate à sa situation, sans qu’il soit établi que son maintien en fonction serait incompatible avec l’intérêt du service...». C’est donc clairement un refus de lui imposer un retour en France alors qu’il a fait sa vie en Chine.
Pour tous nos collègues, vrais résidents, qui s’inquiètent d’une mobilité forcée, c’est excessivement important.
C’est là sans doute, un coup fatal à toute volonté réelle ou fantasmée de voir l’AEFE transformer les postes de résident en sièges éjectables.
Ludovic

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